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Rénover un coron du bassin minier : ce que l’histoire du sous-sol impose au chantier

3 min de lecture

De Libercourt à Courcelles-lès-Lens, les corons forment un habitat à part : des maisons de brique, basses et accolées en bande, construites au temps des compagnies houillères. Rénover ici, c’est d’abord comprendre ce bâti, puis vérifier ce que le sol supporte avant de creuser ou d’ouvrir.

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Ce qu’est un coron, et ce que cela change au chantier

Un coron est une rangée de maisons ouvrières, bâties en brique, mitoyennes, souvent sur deux niveaux avec un jardinet à l’arrière. Elles ont été construites serrées, pour loger les familles de mineurs au plus près des puits, et leur emprise au sol est modeste.

Pour un chantier, cela veut dire trois choses. La mitoyenneté d’abord : on travaille mur contre mur, et ce qui se perce chez soi regarde aussi le voisin. L’emprise ensuite : agrandir se fait souvent par l’arrière ou en surélévation, jamais en largeur. La nature des murs enfin : de la brique ancienne, qu’il faut laisser respirer.

À cela s’ajoute un point de méthode : la modestie des surfaces ne réduit pas la densité du travail. Sur quelques mètres carrés se croisent la structure, les réseaux, l’humidité et l’isolation, et chaque arbitrage engage le suivant. Le chantier se pense d’un bloc, pas pièce par pièce.

Avant de creuser : ce que le sol dit

Le sous-sol de ces communes porte l’histoire de l’exploitation minière, et le premier réflexe avant tout travail lourd est de vérifier ce que le terrain supporte réellement. Cette vérification ne se devine pas, elle se relève sur place.

Un aléa est mesuré commune par commune : le retrait-gonflement des argiles. À Libercourt, Carvin, Leforest et Courcelles-lès-Lens, le sol est hétérogène avec des secteurs en aléa fort ; à Oignies, l’aléa est moyen. Un sol argileux qui se rétracte et gonfle avec l’eau pèse sur les fondations, surtout si l’on creuse ou si l’on reprend un élément porteur.

La sismicité, elle, est classée faible sur toute la zone, mais elle n’est pas nulle : dès qu’on ouvre un mur porteur, des règles s’appliquent.

Les murs en brique, l’humidité et l’isolation

La brique d’un coron est un matériau perspirant : elle absorbe et relâche l’humidité. Un enduit étanche ou une isolation mal posée l’empêchent de respirer et enferment l’eau dans la maçonnerie, avec des désordres qui se voient des années après.

Isoler une maison de coron se raisonne donc avec la ventilation, jamais contre elle. Le potentiel radon est d’ailleurs moyen sur Libercourt, Carvin, Oignies, Leforest et Courcelles-lès-Lens, ce qui rend la ventilation d’autant plus prioritaire dans les pièces basses.

L’ordre des postes reste le même qu’ailleurs : la toiture et les menuiseries d’abord, les murs ensuite, et toujours la ventilation en même temps que l’isolation.

  • Repérer la source de l’humidité avant de poser un revêtement, car le traitement suit la cause, jamais l’inverse
  • Traiter la ventilation avec l’isolation, sans quoi un logement étanche concentre l’humidité
  • Laisser respirer la brique : pas d’enduit étanche sur un mur qui a toujours été perspirant

Agrandir ou modifier : les seuils d’autorisation

L’emprise modeste d’un coron pousse souvent à agrandir. Une extension relève de la déclaration préalable jusqu’à 20 m² d’emprise ou de surface de plancher créée, seuil porté à 40 m² en zone urbaine d’une commune couverte par un plan local d’urbanisme. Au-delà, c’est un permis de construire. Le zonage exact de la parcelle se vérifie en mairie.

Si la surface de plancher totale après travaux dépasse 150 m², le recours à un architecte est obligatoire pour les plans.

Ces seuils ne se contournent pas, et ils se vérifient avant de dessiner quoi que ce soit.

Les diagnostics avant travaux

Sur un bâti de cette époque, deux repérages reviennent presque toujours. Le repérage amiante concerne les bâtiments dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997. Le constat de risque d’exposition au plomb concerne les logements construits avant le 1er janvier 1949.

Ces deux repérages conditionnent la façon de déposer, de découper et d’évacuer les matériaux. Les prévoir en amont coûte moins cher que les découvrir en cours de démolition.

En pratique

Ce guide se lit sur le terrain. Les prestations et communes concernées :

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